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 Quand l'ours sort de sa tanière...

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Mawen Darkel
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MessageSujet: Quand l'ours sort de sa tanière...   Mar 26 Fév - 23:38

(PV)

Une sonnerie stridente retentit plusieurs fois. Rien. Pas de gestes pour répondre à cette insistante demande qui s'acheva au bout de plusieurs tentatives... Le correspondant était un coriace tout de même. Le téléphone gisait sous un amas de pièces détachées en tout genre, ferrailles glânées ou volées au grès des balades. Ici, il fallait tout trouver seul. L'être humain se devait d'être débrouillard, s'il ne voulait pas que sa fin soit proche. Derrière ce qui paraissait être un choix, une sélection naturelle s'opérait. Penser ainsi flattait quelque peu son ego, car malgré les années passées sur Enya, son être gardait quelques fragments de son éducation. Certes ses fragments étaient éparpillés dans un agglomérat de sentiments, empêtrés dans l'évolution, mais ils étaient là. Le concerné n'était plus dans son lit, preuve les draps soigneusement remis en place. Sans doute une petite déformation. En y prêtant attention son lieu de vie était des plus rudimentaires. Pas de cuisine, ni de salle à manger ou encore de salon... La pièce à vivre se résumait à une chambre ayant plus des allures d'atelier, à laquelle était attenante des toilettes et une minuscule salle de bain. Les quelques meubles présents étaient vieux ou avaient l'air d'avoir été retapés, histoire de tenir la route... Pas d'objets superflus comme de la décoration, ni d'appareils de loisir. Le seul ordinateur présent, qui aurait figure d'antiquité pour un Dansalien ou un Crystanien, illuminait la pièce d'une lueur pâle bleutée. Des données défilaient à vive allure malgré l'absence de spectateur, tandis que sur le sol, des fils serpentaient autour reliant des points de la massive tour à deux vieux écrans. L'amas linéaire aux couleurs multiples se dirigeaient aussi vers d'autres appareils plus sophistiqués. Même avec la présence du ventilateur, une moiteur insupportable due à la chaleur des appareils régnait dans la pièce. Des fines goutelettes de sueur parcouraient le torse du jeune homme. Les yeux mi-clos, bercé par les ronronnements électriques, il semblait ailleurs... Ses yeux scrutaient un moteur fraichement reçu. Les Lytrath avaient débarqué sur Enya, mais au moins avaient-ils eu le bon goût de venir avec leur technologie.

A côté du moteur, une caisse à outils trônait Le contenant avait l'air rouillé, cependant le contenu était flambant neuf. Ses mains se saisissaient des pinces. Il coupait des fils, retirait des boulons, soudait des parties du moteur... Son visage restait impassible. Absorbé par son travail, il oubliait le temps. Quelle heure était-il ? Difficile de le dire dans cette pièce à peine éclairée. L'obscurité aurait pu, aurait du être une gêne pour un autre que lui. A la lumière artificielle, ses cheveux devenus blancs prenaient une teinte d'un étrange gris-bleuté. C'était suite à cette couleur que certains l'avaient surnommé Ox', elle leur suggérait l'oxyde de zirconium. Tout le monde n'aurait pas fait cette association à cette pierre permettant de faire des faux diamants... D'autres avaient choisi Steam à cause de son goût pour brûler les endroits. Mais personne ne connaissait son nom de famille... Il était devenu un homme comme eux, qui refusait de vivre en ayant les nouveaux arrivants comme dirigeants ou plutôt tyrans. Une fine chaîne argentée pendait autour de son cou. Les maillons battaient de temps en temps contre la peau caramel. Avec la chaleur et la fatigue, sa vue commençait à se brouiller. Le premier signal d'alarme... Il devait arrêter. Plus sage que fou, son corps cessa toutes manipulations. Lentement, ses jambes le soulevèrent déployant toute sa stature. Et maintenant qu'allait-il faire ? Peut-être prendre une douche et sortir ? Quelle était la couleur du jour ? Ou peut-être irait-il voir les autres... Mais en avait-il vraiment envie... Un soupir las s'échappa de ses lèves, alors qu'il se dirigeait vers la salle de bain. Enfin la dite salle de bain faisait au bas mot, 5m2 sur 5m2. Une cabine de douche avait été installé dans un coin de la pièce et dans l'autre coin se trouvait un petit meuble contenant le nécessaire de toilettes. Se glissant nu jusqu'à la cabine de douche, ses vêtements parsemant le sol permettaient de le suivre à la trace.

Vingt minutes plus tard, le jeune homme déambulait dans les rues. Pourquoi ici et pas ailleurs, lui-même ne le savait pas. De toute façon, il s'agissait d'un passage obligé pour se rendre à sa destination du jour. Il avait juste conscience, qu'il était encore trop tôt pour s'aventurer dans le centre de Pasiphae. Son jean usé tombait sur ses rangers. Derrière ses lunettes noires, il détaillait les personnes croisant sa route. Depuis l'attentat, un calme factice s'était emparé des lieux. Les gens étaient sur le qui-vive au cas où des Lytrath décidaient de faire une descente. Mais la vie continuait et l'ombre des Lytrath était masqué par les préoccupations premières de la population. Ceux qui avaient des nourrissons s'inquiétaient de leur santé, les plus vieux semblaient désemparés, les gens vivaient comme ils pouvaient... Mais au fond allez savoir ce que lui inspirait réellement l'être humain... Les êtres qui peuplaient cet univers... Ils ne semblaient croire que seul le présent comptait. Mais les ennemis avaient une mémoire, la ville se souvenait et gardait comme témoignage des stygmates. Ecarter le passé comme s'il ne représentait plus rien signifiait perdre le sens de ses actions, de sa raison de vivre... Peut-être que cette raison, l'individu la cherchait jusqu'à sa mort... Après tout n'était-ce pas le vécu du passé qui modelait les personnalités à sa guise ? Du moins, était-ce sa façon de voir les choses. Celui qui oublie ses racines est condamné à mourir... Dépassant un groupe d'adolescents, le jeune homme se dirigea vers une ruelle. Il espérait trouver quelqu'un du groupe. Avec un peu de chances, les gamins seraient ailleurs et il pourrait discuter plus sérieusement avec les plus âgés. Les minots ici avaient beau avoir un caractère bien trempé... Mae ne les supportait pas. Que connaissaients-ils réellement de la vie ? De ce qui passait dans les hautes sphères ? Il ne comprenait pas cette réaction instantanée qu'il avait, mais c'était plus fort que lui. De l'autre côté, le jeune homme avait toujours eu une sainte horreur des je-sais-tout, j'ai-tout-vu-et-tout -fait. A vrai dire, trouver une faille et enfoncer ce genre de personnes était même inscrit dans la liste de ses petits plaisirs. Etait-il comme cela avant ? Il ne s'en souvenait plus vraiment... Néanmoins, si la situation continuait, il se ferait un plaisir de s'occuper de certains.

Cognant six coups contre une petite porte en bois, le sésame du moment marcha et il s'engouffra dans le bâtiment. Pas question de parler dans la rue, les murs ont des oreilles et tous les Enyans n'étaient pas franc du collier... Qui sait peut-être que la délation deviendrait une nouvelle tendance dans les semaines à venir... A l'intérieur, le calme régnait. Une moue déçue presque contrariée apparut sur son visage. Finalement, une bonne bagarre avec un Lythrath aurait pu être sympathique... Passant sa main sur sa nuque, il grogna


« - Y a personne ici ou quoi ?! »

Sa voix grave retentit dans les lieux. Sans attendre de réponse, Mae se dirigea vers les étages supérieurs, histoire de voir ce qui pouvait se trouver. Cherchait-ils des gens ou des machines ? Son esprit avait besoin de travailler, de s'adonner à quelque chose d'utile et non à la perte de temps.
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Kamui Kitsune
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MessageSujet: Re: Quand l'ours sort de sa tanière...   Jeu 28 Fév - 0:28

L’innocence est précieuse mais c’est un bien qui se perd facilement. Sa perte marque le passage à l’âge adulte, à la maturité. Et combien d’enfants enyans en avaient été privé ? Combien de jeunes avaient perdu leurs parents et en même temps leur liberté ? Ils étaient devenus des jouets pour les étrangers. Le nom de ces étrangers ? Des Lythrats ! Un mot horrible, haï, honni ! Qu’il aurait été jouissif que de pouvoir le bannir de leur vocabulaire, de faire de cette appellation un tabou, un mauvais souvenir… Mais les mauvais souvenirs sont les plus durs à perdre. Ce peuple avait su comment faire pour ne jamais être oublié. Les livres d’histoire qu’il consultait encore régulièrement notaient qu’en réalité, ils étaient deux peuples : Crystaniens et Dansaliens… Qu’importe ! C’était du pareil au même ici. Chaque Enyan avait souffert par leur faute. Lui-même avait perdu des êtres chers lors de cette invasion inattendue. Il se souvenait du corps mutilé de son père, du sang encore chaud de sa mère. Comment se défaire de ces souvenirs écarlates, de cette mémoire sanglante ? Impossible. Dès qu’il les voyait, dès que leur nom était prononcé, la rage lui tordait le ventre, la colère s’insufflait dans ses veines, tristement vaine : il n’avait aucun moyen pour s’en venger.

Enfin, ça, c’était avant. Avant l’attentat qui avait réduit les plus hauts dirigeants des sphères ennemies à l’état de cendre chaude. Une poussière grisâtre que rien ne distinguait vraiment des restes de ses propres parents lorsqu’il avait fait brûler leurs corps. Un dernier hommage, un adieu à tout, à sa vie, à son innocence. Ce jour-là, il avait cru s’éveiller à l’amour entre les bras d’un homme à la chevelure sombre mais il s’était retrouvé enchaîné, abusé par ce Crystanien qui avait brisé non seulement son cœur et son corps mais aussi sa vie toute entière. Enfin, grâce aux rebelles, justice avait été rendue… pour un temps puisque les résistants avaient été punis. Dès lors, il avait pris sa décision et malgré de grandes difficultés, il avait réussi à entrer au sein de la rébellion et y avait trouvé sa place.

Telles étaient les pensées dans lesquelles vagabondait l’esprit du jeune garçon. Combien d’autres jeunes gens comme lui, sortis trop tôt de l’enfance, s’étaient engagés dans la rébellion. Très peu, trop peu… Les Enyans avaient-ils déjà baissé leurs bras ? Se rendaient-t-ils, agneaux dociles, à ceux qui se jouent d’eux ? Avaient-ils oublié les souvenirs d’une liberté tant chérie. Il avait lui-même été pris. Il avait été cobaye, un jouet. Mais il avait pu fuir. A chaque fois, le mince fil tenu d’un espoir de liberté lui faisait surmonter tous les obstacles. Enfin libre, il pouvait essayer de faire en sorte que d’autres le soient aussi. Après tout, il n’avait pas grand chose à perdre et tellement à gagner. S’il était pris à nouveau, il fuirait encore.

Soudain, l’adolescent se redressa sur son lit, le cœur battant, les sens en alerte. Un étage plus bas, des coups avaient été toqués à la porte. Cinq ? Six ? Il n’avait pu les compter. Alors, ennemi ou allié ? Pour le savoir, il ne pouvait qu’attendre. Silencieusement, tel un serpent, il se glissa hors des draps. Vêtu d’un simple pantalon, il eut la pudeur de ramasser sa chemise froissée qu’il remit sur ses épaules, dissimulant en partie son torse glabre, trop fin pour paraître musclé. Il semblait si fragile encore, n’ayant pas encore récupérer de son bref séjour en laboratoire… dans l’antichambre de l’enfer… Dans l’obscurité, ses doigts agiles glissèrent sans hésitation vers sa poche. Il en retira un couteau, une lame acérée qui maculerait bientôt de rouge les chairs de l’intrus.

Une voix se fit entendre, des grincements dans les escaliers. Kamui se glissa derrière la porte, prêt à frapper, à défendre chèrement sa peau blanche comme les pétales d’une fleur de lotus. C’est alors que la porte s’ouvrit. Avait-on toqué ? Il aurait été incapable de le dire, complètement obnubilé par sa tâche. Rapide comme l’éclair, il n’eut que quelques fractions de seconde pour se retrouver derrière le géant qui venait d’entrer. La pointe de son couteau rencontra une chair ferme, halée. Cachant la peur de ses yeux derrière ses mèches d’argent, le jeune enyan commença l’interrogatoire, bien conscient qu’il ne pourrait pourtant rien contre la montagne de muscle qu’il gardait en respect si Maeden se décidait à riposter. Heureusement l’adulte ne pouvait pas le voir. Peut-être hésiterait-il et se tiendrait-il tranquille ?


« Qui êtes-vous ? Que venez-vous faire ici ? »

Au moins, la blancheur de sa chevelure de neige lui fit comprendre qu'il s'agit d'un être de son peuple, même si beaucoup d'Enyans étaient passés à l'ennemi, soit par rancoeur, soit par intérêt, soit aussi par un amour déshonnorant au possible.
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Mawen Darkel
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MessageSujet: Re: Quand l'ours sort de sa tanière...   Dim 2 Mar - 13:17

En montant, le jeune homme retirait ses lunettes noires dévoilant un regard bien sombre. Pas une étincelle n'illuminait ces obscures prunelles. La dureté de son regard semblait cacher quelque chose, à moins qu'il ne cherche à faire fuir. Aussi loin qu'il s'en souvienne, il n'avait jamais été le genre à prendre des bains de foule. Au contraire, il avait toujours eu tendance à repousser les gens et s'enfermer dans sa tourelle. Lorsqu'il en sortait, c'était pour une raison bien précise, puis sans regret il y retournait. Le talon de ses rangers frappait lentement contre les marches de l'escalier. Les murs étaient dénudés, mal entretenus... Au plafond des toiles poussiéreuses s'étendaient attendant paisiblement l’insecte malheureux qui viendrait se perdre. Cette bâtisse avait, dans un temps reculé, sans doute eu son heure de gloire. Avant qu’une nouvelle ère ne naisse… Pensivement, Mae fit glisser ses doigts contre un pan de mur… Une poussière grisâtre vint maculer ses doigts. Plus personne ne songeait à cette insalubrité… D’ailleurs pourquoi les gens y auraient-ils pensé alors qu’ils songeaient d’abord à sauver leur peau… Cependant, le jeune homme savait, qu’il n’était pas de ceux-là. L’incertitude du futur satisfaisait son esprit, cet esprit capable de se jeter dans les bras de la Fin. Cependant les autres rebelles appréhendaient les choses d’une différente façon… Cette affirmation venait de leur volonté de vivre, de tenter le tout pour le tout afin de se libérer des oppresseurs. Folie du désespoir ? Peut-être que les rats tyranniques finiraient par se dévorer entre eux et oublieraient les Enyans. Rêver ne coûtait rien. Pas une blessure, pas de sang, c’était ce qu’il y avait de plus simple.

Sous ses yeux, une porte finit par se dessiner. Aucune lumière ne filtrait sous le pas de cette dernière. Quelqu’un dormait-il à l’intérieur ? Quand bien même, une personne se reposait, il n’arrêterait pas son inspection. Sa main se posa sur la porte, qu’il repoussa avec une étrange délicatesse. Un moment, l’homme s’arrêta pour détailler la pièce… Un lit, des draps froissés, quelqu’un avait dormi ici récemment. Ce fut ce qu’il supposa jusqu’à ce qu’il sente un métal pénétré avec délice dans sa chaire. Le froide de la lame lui arracha un soupir de bien-être avant que son attention ne porte sur la voix. Une voix jeune qui brisa le silence de la pièce. Ne répondant pas de suite à la question, Mae réfléchit à la position qu’occupait la jeune personne. Derrière lui… Comme c’était mignon, avait-il peur de lui ? Il n’avait pas encore eu droit à un tel accueil, mais il se réjouissait que ce jour faste ait enfin lieu. Sa mâchoire s’anima, ses lèvres s’entrouvrirent, tandis que sa tête pencha sur le côté droit dans une attitude pensive. A croire qu’un esprit l’avait puni de ne pas vouloir tomber sur un gamin. Une voix grave lâcha de façon abrupte


« - Je suis un ours perdu dans la jungle urbaine. »

Un grognement suivit cette réponse sarcastique, pendant que son corps se rapprochait de ce qu’il avait deviné être le lit. Cette intimidation de pacotille pouvait être amusante durant quelques secondes, mais les jeux les plus courts pouvaient parfois être les meilleurs. Selon son point de vue. Remettant d’un geste bref les draps correctement, l’homme s’assit pour faire face à son opposant. Habitué à vivre dans les pièces les plus sombres ou faiblement éclairées, sa vue s’était faite rapidement à l’obscurité et aux transitions entre le jour et la pénombre. Silencieusement, il se mit à détailler l’individu fraichement rencontré. Rien de très imposant au premier coup d’oeil, mais il avait conscience que parfois ce genre de gabarit pouvait très bien sortir de mauvaises situations. Tant mieux, cela faisait toujours un cas de moins à s’occuper. Ses yeux parcoururent un moment le visage et le corps du jeune homme. Il devait s’agir d’un adolescent, plutôt méfiant… De toute façon, Mae n’avait aucunement l’intention de l’apprivoiser. D’ailleurs, il évitait tellement les plus jeunes, qu’il était incapable de dire depuis combien de temps, le jeune homme faisait parti des rebelles. A moins qu’il ne soit juste un Enyan moyen ayant trouvé asile dans la bâtisse.

« - Et toi qui es-tu ? T’as juste fait la sieste ici ? »

A sa dernière question, sa main tapota doucement le matelas. Il avait conscience qu’il n’avait pas répondu aux questions, mais il le ferait plus tard. Il n’avait aucune obligation vis-à-vis de l’adolescent et il répondrait si l’envie apparaissait tout à coup comme une sorte de révélation. Et comme, les chances que Mae soit touché par une soudaine révélation, étaient relativement faibles… Il fallait espérer que le jeune inconnu n’attende rien de sa part.
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Kamui Kitsune
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MessageSujet: Re: Quand l'ours sort de sa tanière...   Lun 3 Mar - 16:09

Un frisson le long d'un dos large. L'homme qu'il tenait sous sa lame avait-il peur ? Non, ce n'était pas un frisson de peur : aucune crainte ne fuyait ce corps puissant. Etait-ce de la surprise alors ? Il ne fallait pas se leurrer. Kamui fronça brièvement ses sourcils en comprenant que ce frisson n'était rien de tout cela. De l'excitation, du plaisir... Une douleur qui vous échauffait les sens. Lui-même avait connu ça, entre les bras de ce scientifique sans vergogne... et encore avant lui, lorsqu'il était prisonnier des serres de ce Crystanien... Les dieux maudissent leurs visages, leurs pouvoirs... Il les haissait. Créatures abjectes que ce monde n'aurait jamais du porter, éjectées par des planètes matrices qui avaient juré la perte d'Enya. Mais est-ce que cela signifiait que l'autre était sous l'effet des mêmes drogues ?

L'inconnu se rejeta en arrière, l'air parfaitement détendu. L'adolescent se recula, délivrant la chair mate de la pression de la lame glacée. La lame brilla dans l'obscurité, capturant un rayon de lumière dont on ne savait d'où il provenait exactement. La chevelure d'argent brilla de la même manière. Le silence s'installa, règle d'or d'une éternité trop courte. Lorsque Maedan parla, le jeune enyan savait qu'il n'avait pas affaire là à un ennemi. Mais de là à considérer l'intrus comme un allié, il y avait un monde de fossés à traverser. Et ce n'était pas le ton bourru de cette voix rude qui allait le mettre en confiance.

Il laissa aller l'ours amusé s'asseoir sur le lit qu'il occupait quelques instants plus tôt. Quelques minutes... une éternité ! Kamui garda son arme en main, toujours dégainée, prête à fendre la chair dorée, à boire le sang vermeil. Ses yeux assombris par l'obscurité ambiante suivirent chacun des gestes de son aîné. Il l'observa remettre les couvertures convenablement, les lisser du plat d'une main ferme, solide. Comme un miroir des siens, les yeux de l'autre étaient sur lui. Que donna cet examen ? Il n'en voulait rien savoir. Il n'avait pas de réponse à ses questions, mais était-ce une nécessité d'avoir des réponses ? Après tout, il pouvait bien être qui il voulait, son nom ne lui apporterait rien de plus. Aussi répondit-il sans hésitation à la demande formulée par son vis-à-vis.


" Mon nom ne t'apportera rien, mais si tu es ici, c'est que nous avons des relations en commun. "

Il était peut-être un ours, mais n'importe qui n'entrait pas ici, surtout pas une personne prétendument perdue. Il ne lui faisait pas confiance. Alors lui révéler ses faiblesses en lui donnant la raison de sa présence en ces lieux était inutile, dangereux même. Il rengaina son couteau et retourna d'un pas souple, félin, se nicher sur un coin du lit, à une distance respectable de Maedan. Ses yeux brillaient dans la pénombre, attentifs. l'adolescent était prêt à se battre ou à fuir dès qu'il percevrait un danger pour lui. Il avait accepté l'invitation, mais que l'homme n'en attende pas plus.

" J'ai eu droit à quelques heures pour dormir avant le retour des autres... Je suppose qu'ils ignoraient qu'un ours viendrait nous rendre visite... Alors, que venez-vous chercher en ces lieux, monsieur l'ours ?"
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Mawen Darkel
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MessageSujet: Re: Quand l'ours sort de sa tanière...   Mar 11 Mar - 11:18

Si petit, jeune et déjà envie de se battre, c'était presque mignon. Qu'était-il arrivé à celui-là ? Etait-il orphelin ou simplement là pour défendre des convictions ? Les possibilités s'étaient multipliées depuis l'accident et il était devenu difficile de se faire une idée de la vie qu'avait pu mener l'interlocuteur... Toutefois, cela ne perturbait pas plus que cela Mawen. Il en aurait fallu beaucoup plus. Sa main courait distraitement sur le drap. Le tissu avait refroidi rapidement. Pas surprenant dans une pièce sans chauffage comme dans quasiment tous les squats des rebelles. Les seuls qui avaient un brin de chauffage perdaient la chaleur, à cause d'un manque d'isolation. Apparemment, les jeunes se faisaient plutôt bien à cette vie à la dure...Enfn certains. Pas pour cela non plus que l'homme allait se mettre à les adorer. Ses yeux avaient continué à scruter la silhouette qu'il jugeait fine, pas maigre mais pas épais non plus le petit. Quant à une quelconque appréciation physique, il n'était pas là pour cela. Durant son observation, l'homme attendait sans attendre la réponse à sa question. Il s'agissait d'une pure formalité. A vrai dire, l'homme aux cheveux blancs n'en avait que faire de l'identité de son interlocuteur. Il pouvait avoir le nom qu'il voulait, avoir l'âge qu'il voulait, cela ne changerait pas la course de la planète. Et puis l'être humain est capable d'oublier, de sceller définitivement des informations pour les éloigner de son esprit, du présent.

La réponse finit par arriver et elle n'étonna aucunement le récepteur. Toutefois, il nota quelque chose qu'il décida de garder pour lui... Il vérifiera cela une autre fois. Ah les relations ! Mais la vie n'était-elle pas une perpétuelle mise en relation ? Sur ce chemin, des rencontres plus ou moins heureuses se succédaient, des contacts se nouaient, se déliaient, s'anéantissaient, ainsi va la vie. A l'hypothèse lancée, Mawen ne répondit rien. Ils finiraient bien par savoir un jour ou l'autre, à quel point cette probabilité était vraie. L'adolescent semblait enfin avoir décidé d'arrêter de faire le pied de grue. Cependant, sa prudence restait belle et bien là. Avait-il l'air aussi dangereux que cela ? Cette idée lui tira un sourire qu'il se garda bien d'afficher.

« - J'ignorais qu'il fallait toujours se faire annoncer... »

Dans cette phrase, une pointe d'ironie se baladait. Ce n'était pas la cour princière, non plus ou alors cela ressemblait à la cours des princes rebelles, des manants. Il paraît qu'il y avait eu une période dans l'histoire d'Enya ou les choses s'étaient déroulées ainsi... Mais cela remontait à.. Et même plus que cela. Lorsqu'il était arrivé, Mawen avait trouvé intéressant de se plonger dans l'histoire de la ville, mais pourtant peu de documents et d'archives avaient survécu. Les hommes ne s'intéressent pas à l'Histoire d'après ce que montraient les faits.


« - J'étais venu voir, s'ils n'avaient pas un ou deux trucs pour moi... »


Après tout, le jeune homme travaillait pour eux... Si la plupart du temps, il cherchait lui-même ces pièces, de temps à autre, il se disait que les gars pouvaient avoir mis la main sur une pièce de choix. Surtout avec l'arrivée des Lytrath... Avoir cette technologie en main était un pur bonheur. Sa tête se tourna vers la seule ouverture de la pièce. Une fenêtre qui laissait passer une lumière blanche. Sur la vitre, les traces de pollution étaient visibles. Dans un souffle, il lança
.
« - Fait longtemps que tu es du côté des rebelles ? »
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MessageSujet: Re: Quand l'ours sort de sa tanière...   Dim 30 Mar - 18:05

La vie en ces temps troublés n'était pas chose facile. Les envahisseurs avaient essayer d'institualiser un régime de terreur, mais pouvait-on réellement parler de peur ou de crainte ? La probabilité d'être pris était trop grande que pour rester au rang de simple peur. C'était bien pire que cela, une fatalité devant laquelle beaucoup baissait les yeux en attendant que la chance tourne. Kamui en avait fait l'expérience : par deux fois il avait été pris, par deux fois il était parvenu à s'échapper. Il avait du accepter la dégradation, l'avilisement pour garder la tête froide, un espoir brûlant toujours de ses vives flammes dévorantes son coeur meurtri. Les lythrats, il les avait cotoyés, il les avait fui non sans mal. Il haissait ses êtres abjectes qui avait réduit son peuple à un état si pitoyable de servitude fainte.

Les gens, en ces temps, avaient rayé des mots comme l'honnêteté, la sincérité de leur coeur. Qui pouvait se targué d'avoir gardé une innocence d'enfant hormis les plus jeunes bambins de leur espèce... et encore...
Ainsi, l'adolescent se méfiait de l'inconnu sans connaître pour autant de crainte particulière. Il se méfiait pour pouvoir survivre, comme chacun le faisait tout les jours. Comment faire confiance à des gens que l'on rencontrait un jour alors que des amis de toujours étaient parfois prêts à trahir uniquement pour améliorer leurs conditions de vie ou de captivité. C'était tellement pathétique qu'on aurait pu croire qu'Enya tournait à l'envers.


"S'annoncer ? A qui et à quoi bon ? Personne ne sait de quoi sera fait demain."

Ceux qui comptaient venir ne connaissaient pas leur destin, alors comment éviter certains pièges. Les chasseurs étaient partout, jusqu'aux portes de ces bidonvilles puants où on les obligeait à vivre comme des chiens, à la dure. Même lorsque le froid cinglant vous mordait les os, il était suicidaire de penser allumer un feu pour se réchauffer. Alors ils s'étaient habitués, les plus jeunes comme les plus vieux. Même la faim était devenu leur lot quotidien. Heureusement qu'il restait des points d'eau accessibles.

" Quoi que vous cherchiez, c'est à la cave qu'il faut voir ça. "


Les pièces et ressources prélevées lors des rapides excursions extérieures étaient des biens précieux pour leur survie à tous. N'importe quoi pouvait servir à un moment ou à un autre, voilà pourquoi rien n'était entreposé dans les parties visibles de la cache. L'entrée de la cave était soigneusement dissimulée pour les yeux impies, dérisoire coffre aux trésors qui résisterait mal au plus petit effort d'un éventuel pillard si celui-ci arrivait à en trouver les portes.

La méfiance était de mise partout et en tous temps, avec n'importe qui, même une personne qui a prouvé à maintes reprises sa loyauté. Il en fallait si peu pour tout perdre. Néanmoins, certaines choses devaient encore être partagées, c'était une obligation pour survivre ensemble et mener à bien les objectifs de la résistance, des rebelles dans leur ensemble et, bien sûr, de chaque citoyen natif de ce qui était devenu une colonie partagée de Crystania et Dansale. Depuis combien de temps l'adolescent avait-il compris ça ? Depuis combien de temps défiait-il ici ses ennemis ? Leurs ennemis...
Telle fut la question que Mawen posa.


"Quelle importance le temps a-t-il encore ? "
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